Les gens cherchent des issues

Publié le par Administrateur

PDharrevillePierre Dharréville dans La Marseillaise

Tour d’horizon avec le Secrétaire départemental du PCF 13.

La Marseillaise. Tout d’abord, comment réagissez-vous à l’affaire DSK ?

Pierre Dharréville. Les faits que l’on rapporte provoquent indignation, mais en même temps nous ne connaissons pas les conclusions de la justice. Donc je n’ai pas tellement envie d’alimenter le commentaire. Et pour ce qui est de la politique, j’espère que cette affaire ne sera pas le principal sujet du débat de 2012. Nous nous attacherons en tout cas à porter le fer sur les enjeux fondamentaux.

La Marseillaise. Justement, à un an de l’élection présidentielle, comment ressentez-vous le climat politique sur le terrain ?

Pierre Dharréville. Je crois qu’il y a une grande envie de changement. Voici quatre ans que notre peuple est maltraité par Nicolas Sarkozy et ses affidés. On sent que les gens cherchent des issues. Je regrette que l’on résume le débat politique à un casting présidentiel. On voit bien comment l’élection présidentielle et le renforcement de la fonction élyséenne ont perverti l’exercice démocratique. Il y a besoin d’un changement profond pour répondre aux besoins populaires et pour reconstruire des envies communes face au règne de la finance. La dernière escarmouche d’un ministre proposant de mettre les pauvres au pilori pour les punir de l’être est révoltante. La droite continue de courir après le Front national, et ils courent tous deux dans la même impasse. Il y a besoin d’un nouvel espoir à gauche.

La Marseillaise. Comment avez-vous vous y prendre pour le construire ?

Pierre Dharréville. D’abord, il y a les urgences. Les spéculateurs font grimper les prix des matières premières et font pression sur les salaires. Les garde-manger sont de plus en plus vides. Il y en a assez. Nous appelons à un rassemblement populaire sur le Vieux-Port ce jeudi 19 mai, afin de montrer que cette question doit être au cœur des préoccupations publiques. Il faut augmenter les salaires et il faut bloquer les prix. Que fait le gouvernement ? Il donne des coups de hache dans l’impôt sur la fortune, et il promet aux salariés une prime virtuelle. Quant à l’Union européenne, elle impose des plans d’austérité et, avec le pacte pour l’euro plus, elle produit un coup de force contre la démocratie et contre les salaires. Des salariés sont en bagarre pour leur pouvoir d’achat, comme ceux de la RTM, et tous souffrent ce cette situation. Les communistes proposent de faire « Front uni contre la vie chère », et nous appelons tous ceux et celles qui le souhaitent à y prendre part.

La Marseillaise. Cela ne règle pas la question de l’alternative politique dont vous parlez…

Pierre Dharréville. C’est aussi dans l’action que nous allons faire grandir de nouvelles perspectives. Avec le Front de Gauche, nous avons tenu de nombreuses initiatives pour écrire un projet partagé. Nous poursuivons cette démarche. Il s’agit d’inventer les réponses aux questions posées dans la vie quotidienne et de les inventer ensemble pour les mettre en œuvre ensemble. Nous voulons faire grandir encore cette dynamique, pour rendre incontournables et majoritaires de grandes idées transformatrices. Il y a des aspirations fortes dans la société, elles doivent prendre le dessus sur les tentations de repli. Les vrais responsables ne sont pas ceux qui sont encore moins bien lotis que soi, ce sont les Bettencourt et compagnie. A Fralib ou à NetCacao, les salariés montrent une force et une détermination qui changent la donne. Et face à cela, on a l’impression, au mieux, que l’État se contente de regarder en croisant les bras. Il faut changer ça, s’attaquer aux logiques du système. La casse de NetCacao serait une déclaration de guerre sociale. La gauche doit être à la hauteur de ce courage et de ces enjeux. Au passage, un fort mouvement se développe dans notre département pour défendre les centres de santé et les œuvres sociales mutualistes. L’État ferait bien de tendre l’oreille aussi sur ce sujet, car il y a là un enjeu sanitaire majeur.

La Marseillaise. Par ailleurs, le Préfet a présenté un nouveau schéma de coopération intercommunale. Qu’en pensez-vous ?

Pierre Dharréville. Ce plan est la déclinaison locale de la réforme des collectivités territoriales, que nous avons combattue frontalement parce qu’elle organise la disparition de la démocratie locale. Avec les élus communistes, nous combattons ce plan. Ce n’est pas à l’État d’imposer des regroupements, mais aux habitants concernés d’en décider le cas échéant. Et nous refusons la perspective d’intégrer toutes les structures existantes ou presque en une seule, centralisée, et disposant de toutes les compétences réunies. La coopération intercommunale doit être choisie et pertinente. Ce doit être une coopération de projets. La logique de la réforme vise à déposséder les citoyens des choix, à réduire encore les services publics de proximité et à organiser la concurrence libre et non faussée entre les territoires. Cette perspective n’est pas obligatoire, ne l’appliquons pas ! Nous tiendrons une réunion publique sur cette question le 31 mai prochain.

Propos recueillis par Michel Del Picchia (La Marseillaise, le 18 mai 2011)

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Publié dans Riposte

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