"Il va falloir gagner le changement" Pierre Dharréville

Publié le par Administrateur

Article paru dans La Marseillaise, le 1er février :

PDharrevilleLe PCF ouvre sa conférence fédérale ce soir à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Entretien avec son Secrétaire départemental.

Pierre Dharréville, Secrétaire de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône et membre du Conseil National du PCF. Il a présidé la commission chargé de la rédaction du texte de son 36e Congrès en discussion ce week-end dans le département.

La Marseillaise. Quatre ans après votre prise de fonction, quel regard portez-vous sur la fédération communiste des Bouches-du- Rhône ?

Pierre Dharréville. Les communistes représentent dans notre département une force considérable. Une force agissante, créative et solidaire. Durant ces quatre années, nous avons été de toutes les batailles contre la crise, contre les forces de la finance, pour le progrès social et pour la démocratie. Ce n'est pas pour rien que plusieurs centaines de nouveaux adhérents nous ont rejoint cette année. Nous voulons mieux encore être à l'image des aspirations qui travaillent la société. Je crois que notre engagement, au cœur d'un combat idéologique majeur, a fortement contribué à la défaite de la droite sarkozyste. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli. Il faut encore hausser le ton.

La Marseillaise. En pleine crise économique et sociale, les communistes entendent rallumer les étoiles. Comment comptez-vous vous y prendre ?

Pierre Dharréville. En faisant taire les canons de la désillusion, pour rester dans la métaphore d'Apollinaire. Alors que le président nous promet que « ça va être dur », nous mettons sur la table l'urgence d'une grande ambition de transformation, d'un projet humain révolutionnaire. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas les pieds sur terre. Tout notre travail va consister à ouvrir des brèches, à montrer les alternatives, à faire grandir des propositions pour que les gens s'en emparent et les imposent en politique. Le pouvoir doit prendre position dans l'affrontement de classe. Il n'y a que deux solutions : soit on accepte la crise provoquée par les forces de la finance et la déshumanisation de notre civilisation s'aggrave ; soit on combat le capitalisme et l'on met en avant l'humain d'abord. L'intervention populaire peut tout changer. Les possibilités d'un développement heureux de l'humanité sur la planète sont immenses. Ne les laissons pas gâcher.

La Marseillaise. Au regard des conférences de section, quels points animeront principalement les débats de la conférence fédérale qui s'ouvre aujourd'hui ?

Pierre Dharréville. Nous allons pousser le débat sur notre analyse de la crise, sur notre projet et sur nos orientations stratégiques. La question qui taraude beaucoup de communistes est de savoir comment sortir de cette situation bloquée, où l'on tend à réduire toutes les forces du changement à l'impuissance. Nous ne l'acceptons pas. Il faut donc lever les blocages pour que le peuple exerce le pouvoir, son pouvoir.

La Marseillaise. Comment les communistes voient-ils l'avenir du Front de Gauche ?

Pierre Dharréville. Il y a quatre ans, le Front de Gauche n'existait pas. Nous sommes entrés dans une autre époque. Nous voulons continuer de le construire sur les bases qui sont les siennes, en reconnaissant l'apport de chaque composante, et en nous fixant l'objectif de faire advenir un nouveau Front populaire. Nous voulons qu'une multitude d'hommes et de femmes se rencontrent, se réunissent dans des assemblées citoyennes, et agissent là où ils sont. Nos objectifs demeurent : constituer une majorité politique capable de transformer la société. J'appelle tous ceux qui veulent que la gauche fasse son travail à nous rejoindre.

La Marseillaise. Accord sur la « sécurisation de l'emploi », austérité, Roms, avez-vous fait le deuil du changement que les communistes appelaient de leurs voeux avec une majorité de Français au printemps dernier ?

Pierre Dharréville. Jamais. Nous ne ferons jamais le deuil des espoirs qu'on flatte et qu'on méprise. Notre jugement sur la politique menée depuis plusieurs mois est très sévère. Ici, dans notre département, les dossiers chauds sont toujours brûlants. Et la plupart des signaux envoyés indiquent la mauvaise direction. On continue à accompagner les offensives du Medef et des marchés financiers. L'accord soi-disant historique poussé par le gouvernement promeut de nouveaux reculs sociaux. Avec cet accord les Fralib seraient déjà tous à Pôle emploi… Le budget de l'État et de la Sécurité Sociale que nous n'avons pas votés portent la marque de l'austérité. Le traité européen a été adopté en catimini sans renégociation. Les suppressions d'emplois semblent n'attirer que quelques gentilles remontrances. Nous ne lâcherons rien. Il va falloir gagner le changement.

La Marseillaise. Dans un département où le PCF compte au plan municipal, allez-vous arrêter votre stratégie pour 2014 ?

Pierre Dharréville. La commune est un lieu essentiel pour la démocratie locale, la réponse concrète aux besoins et le vivre ensemble. Nous allons prendre le temps de réfléchir. Un peu partout, nous allons commencer à imaginer de façon citoyenne de grands projets pour nos territoires. Je regrette que le débat s'engage parfois par des avalanches de candidatures personnelles, par le jeu pervers de primaires… Nous voulons rassembler largement sur des projets solidaires et ambitieux et nous n'avons pas l'intention de laisser la droite et l'extrême droite gagner du terrain. Mais 2013 sera une année sans élections. Et pourtant, nous sommes déjà en campagne… pour une alternative à l'austérité !

Propos recueillis par La Marseillaise, le 1er février 2013

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Publié dans Austérité

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